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Coro

Calle Luna, Calle Sol

Willie Colón & Héctor Lavoe · 1973 · écrite par Willie Colón, extraite de l’album Lo Mato

Deux rues du Vieux San Juan et beaucoup de conseils gratuits : garde ton couteau prêt, tiens bien ton sac et ne regarde jamais sur le côté.

L’histoire

  1. 1.Bienvenue dans le barrio

    La chanson s’ouvre sur un conseil à quiconque marche dans ces rues : garde la main sur ton couteau, fais attention et écoute bien. Beaucoup de durs ont été tués par ici.

  2. 2.Au monsieur

    Le chanteur se tourne vers un homme de passage : s’il veut garder la vie, il ferait mieux d’éviter les ennuis, ou il la perdra.

  3. 3.À la dame

    Puis à une femme : tiens bien ton sac. Elle ne connaît pas ce quartier ? Ici, on vole n’importe qui.

  4. 4.Les règles

    Dans un barrio de durs, personne ne vit en paix. Surveille chaque mot que tu dis, marche droit devant et ne regarde jamais sur le côté. Et si tu es allé à La Perla, tu en es sans doute revenu les poches vides.

Phrases clés

  • “Mete la mano en el bolsillo”L’ordre d’ouverture du coro, et le couteau est dans cette poche. La première phrase de la chanson est un conseil de survie.
  • “A muchos guapos los han matado”Guapo est de l’argot de rue caribéen pour un dur, pas pour un beau gosse (c’est comme ça que marche Pedro Navaja). Être dur ne te gardera pas en vie dans ce barrio.
  • “O no vales ni un kilo”Kilo est de l’argot portoricain et cubain pour un centime. Surveille ta langue, ou ta vie ne vaut rien.
  • “Camina pa' alante, no mires pa'l lao”La règle de la rue : ne rien voir, ne fixer personne. C’est le coro de la seconde moitié.
  • “Tú tienes un santo, pero no eres babalawo”Dans la Santería, la religion afro-cubaine, on peut avoir un santo, un orisha qui nous protège. Un babalawo est un grand prêtre. Ta protection ne va pas très loin : tu n’es pas si puissant.

Contexte

Willie Colón l’a écrite pour Lo Mato (Fania, 1973), l’un de ses disques d’or avec Héctor Lavoe. Le titre complet est Lo Mato (Si No Compra Este LP), « Je le tue (s’il n’achète pas ce 33 tours) », et sa pochette, où Colón tient un homme en joue, parodie une célèbre couverture du National Lampoon. Colón aimait jouer le mauvais garçon de la salsa.

Calle Luna et Calle Sol, la rue de la Lune et la rue du Soleil, sont deux rues du Vieux San Juan à Porto Rico, et la chanson nomme aussi La Perla, le quartier dur au bord de la mer juste à l’extérieur des vieux remparts.

C’est la même idée que « Juanito Alimaña » dix ans plus tard : le barrio comme jungle, raconté par quelqu’un qui en connaît les règles.

Sur la piste de danse

Elle commence par le coro, tout de suite, sur un groove sombre et lourd, les trombones de Colón qui grondent en dessous. C’est l’un des classiques les plus sombres : danse-la ancré et un peu menaçant.

La seconde moitié passe à un nouveau coro, « continue à marcher, ne regarde pas sur le côté », et Lavoe improvise ses avertissements autour. Laisse l’énergie monter tour après tour.

Ceci est notre propre récit de la chanson, pas ses paroles ni une traduction de celles-ci : les quelques courtes phrases citées sont là pour expliquer ce qu’elles veulent dire. La chanson appartient à son auteur, Willie Colón.

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