Periódico de Ayer
Héctor Lavoe · 1976 · écrite par Tite Curet Alonso, extraite de l’album De Ti Depende
Une liaison racontée comme une nouvelle : à la une à l’aube, périmée l’après-midi, et à la fin bonne à jeter.
L’histoire
1.Dernière minute
Le chanteur dit à une ancienne amante ce qu’était son amour : un journal. À sa sortie à l’aube, il était sensationnel ; à midi, il était confirmé, et tout le monde en parlait.
2.Vieille nouvelle
L’après-midi, plus personne ne voulait le lire. Il était devenu une matière oubliée, comme toute histoire dès que la suivante arrive.
3.La coupure de presse
Il l’a gardé comme on garde une coupure qu’on ne regardera plus jamais : collée dans un album de choses oubliées.
4.À la poubelle
Les commérages du quartier ont répandu l’histoire, mais les commérages passent aussi. Et le journal d’hier finit là où finissent les journaux d’hier : dans le safacón, le mot portoricain pour la poubelle.
Phrases clés
- “Tu amor es un periódico de ayer”Toute la chanson en une phrase : hier c’était tout, aujourd’hui plus personne ne veut le lire.
- “Sensacional cuando salió en la madrugada”Les journaux arrivent dans les kiosques avant le lever du soleil, et cet amour aussi : gros titre, vie courte.
- “materia olvidada”Une affaire qui est finie. Plus personne n’en parle, et plus personne n’en parlera.
- “Radio Bemba”De l’argot caribéen pour le téléphone arabe du quartier. Bemba est de l’argot pour les lèvres, donc « Radio Bemba » est la station qui marche à coups de bavardages.
- “¿Y para qué leer un periódico de ayer?”La question du coro dans le montuno. La réponse est évidente, et c’est ça l’insulte.
Contexte
Tite Curet Alonso, l’auteur-compositeur portoricain derrière « Juanito Alimaña », l’a écrite pour De Ti Depende, le deuxième album solo de Lavoe (Fania, 1976). C’est devenu l’un des plus gros succès de Lavoe.
Curet Alonso expliquait l’idée simplement : tout le monde achète le journal d’aujourd’hui, et personne n’achète celui d’hier. Un amour fini, c’est le journal d’hier.
C’est un Lavoe très différent de « El Cantante » : pas de confession, juste une chanson de rupture mordante, drôle et un peu cruelle.
Sur la piste de danse
Un groove chaloupé à tempo moyen, avec les cuivres qui frappent entre les phrases de Lavoe : confortable pour la danse sociale du début à la fin.
Dans le montuno, le coro demande sans cesse pourquoi quelqu’un lirait le journal d’hier, et Lavoe répond par des phrases improvisées. C’est là que ça chauffe.
Ceci est notre propre récit de la chanson, pas ses paroles ni une traduction de celles-ci : les quelques courtes phrases citées sont là pour expliquer ce qu’elles veulent dire. La chanson appartient à son auteur, Tite Curet Alonso.
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