Plástico
Willie Colón & Rubén Blades · 1978 · écrite par Rubén Blades, extraite de l’album Siembra
Un rythme disco, puis de la salsa : Rubén Blades se moque d’une ville de gens en plastique qui ne se soucient que de l’apparence, puis appelle tout un continent à l’appel.
L’histoire
1.Une fille en plastique
On rencontre d’abord une jeune femme qui vit pour les grandes marques et les apparences. Son plan de vie est d’épouser un médecin, parce qu’il pourra l’entretenir avec style.
2.Un gars en plastique
Puis un jeune homme qui ne pense qu’à sa voiture et à avoir l’air élégant. Il préférerait sauter un repas que d’être vu sans style.
3.Un couple en plastique
Puis un couple qui vit endetté pour sauver les apparences, et qui apprend à son enfant de cinq ans à ne pas jouer avec des enfants d’une autre couleur.
4.Une ville en plastique
Autour d’eux tous, une ville où l’on voit les visages mais jamais les cœurs, et où l’argent est la seule chose qui compte.
5.Écoute, Latino
Puis la chanson tourne. Blades parle directement aux Latino-Américains : ne vendez pas votre avenir pour de l’argent et ne copiez pas des modèles empruntés. Étudiez, travaillez, soyez d’abord de vraies personnes, et souvenez-vous que le plastique fond.
6.L’appel
Elle se termine par un appel des nations, un seul peuple uni, du Panama, de Porto Rico et du Mexique à Cuba, la Colombie et l’Argentine, et chacune répond « présent ! ».
Phrases clés
- “Ella era una chica plástica”Plástica veut dire fausse, artificielle : toute en surface. C’est ainsi que la chanson présente chacun de ses personnages.
- “Se ven las caras, pero nunca el corazón”La phrase qui résume la ville en plastique : tout le monde exposé, personne vraiment connu.
- “Estudia, trabaja, sé gente primero”Ser gente, « être des gens », veut dire être un être humain décent, authentique. C’est la réponse de la chanson à la vie en plastique.
- “el plástico se derrite”L’avertissement : ce qui est faux ne survit pas à la chaleur.
- “¡Presente!”La réponse à un appel à l’école. À la fin, c’est la réponse de chaque pays que Blades appelle.
Contexte
Plástico ouvre Siembra (Fania, 1978), l’album de Willie Colón et Rubén Blades qui nous a aussi donné « Pedro Navaja ».
Elle commence par un groove de style disco, le son qui régnait sur les clubs de New York à la fin des années 1970, avant que l’orchestre plonge dans la salsa. La blague fait partie du message : le vrai vient après l’imitation.
Comme Pedro Navaja, c’est de la salsa consciente, de la salsa socialement engagée. Au lieu d’une histoire de crime, Blades s’en prend à tout un mode de vie : l’étalage, les apparences à sauver et le mépris de son propre peuple.
Sur la piste de danse
Ne te laisse pas tromper par l’intro : après l’ouverture disco, l’orchestre passe à une salsa percutante. Attends-la, et entre au moment du changement.
Les couplets sont longs et pleins de mots. Garde ta danse simple et laisse défiler les personnages.
L’appel près de la fin est un grand relâchement : le coro répond à chaque pays par « ¡presente! », et les pistes de danse crient avec lui.
Ceci est notre propre récit de la chanson, pas ses paroles ni une traduction de celles-ci : les quelques courtes phrases citées sont là pour expliquer ce qu’elles veulent dire. La chanson appartient à son auteur, Rubén Blades.
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